Les vendanges sont déjà terminées au Wijnkasteel Genoels-Elderen dans le Limbourg, tout est en cuve. Joyce van Rennes et son mari Stefan Kékkö se réjouissent de la qualité du millésime, même si les quantités ne sont pas homogènes.
Si 2018 a été un millésime exceptionnel, tant en quantité qu’en qualité (du moins dans les domaines qui maîtrisaient les rendements), c’est une autre affaire en 2019. Les chaleurs caniculaires de l’été ont en effet littéralement séché les raisins de Pinot noir, qui sont les plus exposés au soleil dans la propriété. Près de la moitié du Pinot noir est perdue. Conséquence : pas de vin rouge, ni de rosé cette année, mais les raisins rescapés vont malgré tout permettre de produire un blanc de noirs.
Si les effervescents de Genoels-Elderen ont largement contribué à la renommée du domaine, il ne faut pas oublier que les vins tranquilles sont le véritable cœur de cible du domaine.
« Lorsque nos raisins atteignent une maturité élevée et donc une acidité basse, explique-t-elle, nous élaborons avant tout des vins tranquilles. Les bulles ne sont possibles que si l’année a été fraîche. Tout comme en 2016, ce ne fut pas le cas cette année, il n’y aura donc pas de bulles en 2019. L’an dernier, ajoute-t-elle, on avait même vendangé fin août les raisins destinés aux effervescents, soit un mois avant les vins tranquilles ! »
Le nectar 2016
Lors de ma courte visite, Joyce et Stefan m’ont fait déguster le Chardonnay 2016, réalisé avec des grappes triées cueillies sur leur meilleure parcelle. Le résultat est plus que bluffant, d’une rondeur et d’une richesse exceptionnelle, même s’il doit encore poursuivre son élevage. Sa commercialisation n’est prévue que fin 2020. Patience donc, très grand vin à l’horizon.
La relève se profile
Si la famille van Rennes a démarré avec 14 hectares, elle en a replanté 8 en 2009-2010 et est donc en mesure de produire entre 100 et 150.000 bouteilles de vins, c’est encore et toujours le deuxième plus grand vignoble de Belgique, derrière Ruffus. Les pratiques relèvent ici de la biodynamie, mais aucune certification n’est toutefois à l’ordre du jour.
Pour ce qui concerne la relève, même si la retraite n’est vraiment pas à l’ordre du jour, la fille de Joyce, Julia, suit les traces de sa mère. Elle termine en effet ses deux premières années en œnologie à Epernay et Reims et a déjà effectué des stages dans de grandes maisons bourguignonnes. Le fils quant à lui, étudie l’économie, cela peut toujours être utile…
Les vins de Genoels-Elderen sont en vente à Bruxelles chez Mig’s World Wines, chez Popsss.com, Belgian Wines, Oeno Belgium et quelques autres cavistes. Visites guidées sur place aussi. Infos: wijnkasteel.com
Post-scriptum: Enfin, rendons à César ce qui doit l’être : le Zilveren Parel 2011 de Genoels-Elderen a décroché en 2018 la Grande Médaille d’or du Concours mondial de Bruxelles, titre que Chardonnay Meerdael Brut avait déjà décroché en 2009. La Grande Médaille d’or du Chant d’Eole cette année à Pékin, toute méritée fût-elle, n’est donc pas la première pour un domaine belge, cela devait être rectifié.